Près d’un mois après l’effondrement du pont Ituri 2 sur la Route nationale 44 (RN44), reliant notamment Mambasa à Makeke, les populations continuent de subir d’importantes difficultés de déplacement. À l’issue d’une mission de monitoring effectuée le samedi 4 juillet, les structures de la société civile de l’axe Mambasa-Makeke dénoncent l’absence de mesures concrètes des autorités pour rétablir la circulation, ainsi que la multiplication de pratiques assimilées à des tracasseries autour du site.
Selon les observations recueillies sur place, les voyageurs sont désormais contraints de traverser la rivière en pirogue. Mais avant même d’accéder à l’embarcation, ils devraient s’acquitter de sommes d’argent perçues à deux barrières érigées de part et d’autre du pont effondré, sans justification officielle.
La société civile affirme également avoir constaté la présence de plusieurs services de l’État installés sur le site depuis l’effondrement du pont, notamment des agents de la chefferie, de l’ANR, de la DGM, du Crime économique, de la DEMIAP, du Bureau 2 et de la DIRAS, en plus du TRANSVCOM dont la présence est jugée justifiée pour la régulation du transport.
«Depuis près d’un mois, aucune disposition concrète n’a été prise pour reconstruire le pont. Pendant ce temps, la population est soumise à des tracasseries inacceptables. Des barrières ont été érigées où chaque passager paie 1 000 francs sans justification. Cette situation ne fait qu’aggraver les souffrances des usagers et mérite une enquête sérieuse », dénonce Me Jospin Paluku, de la Nouvelle Société civile de Mambasa.
La mission a également relevé des manquements dans l’application des mesures de sécurité. Alors que les traversées en pirogue sont censées s’arrêter à 17 heures, certaines embarcations poursuivraient leurs activités au-delà de l’horaire réglementaire, exposant les passagers à des risques de naufrage.
Face à l’absence d’une solution durable, la société civile rappelle avoir plaidé dès les premiers jours pour l’ouverture d’une déviation provisoire. Selon elle, la Société Minière de l’Est du Congo (SMEC) a répondu favorablement à cette demande et a engagé les travaux. Toutefois, le chantier évoluerait lentement en raison de pannes répétées des engins.
«Nous saluons les efforts engagés pour ouvrir une déviation, mais les travaux avancent difficilement à cause des pannes des machines. Nous appelons les autorités à accélérer les solutions afin de mettre fin aux souffrances des populations qui dépendent quotidiennement de cet axe stratégique », insiste Me Jospin Paluku.
L’effondrement du pont Ituri 2 continue de perturber les échanges économiques et les déplacements sur cet important corridor reliant plusieurs localités du territoire de Mambasa. Les habitants espèrent une intervention rapide des autorités afin de rétablir la circulation dans des conditions normales.
Rédaction
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