Le centre de traitement Ebola de Bafwabongo, situé dans la zone de santé de Nia-Nia en territoire de Mambasa (Ituri), a été incendié mardi 30 juin 2026 par une foule en colère, dans un contexte de fortes tensions liées à la riposte contre l’épidémie d’Ebola.
Selon des sources coutumières locales, les violences ont éclaté lorsqu’une partie de la population a refusé de remettre aux équipes chargées des inhumations dignes et sécurisées la dépouille d’une personne soupçonnée d’être décédée de la maladie à virus Ebola. La situation a rapidement dégénéré. Des habitants ont alors pris pour cible plusieurs infrastructures sanitaires, incendiant le centre de traitement Ebola et réduisant en cendres d’importants stocks de médicaments et de fournitures médicales.
Le bilan provisoire fait état de deux morts : un civil et un policier. Ce dernier a été tué par la foule alors qu’il tentait d’intervenir pour rétablir l’ordre. Le médecin-chef de la zone de santé de Nia-Nia, le Dr Joseph Pemakanakue, a indiqué que le centre accueillait deux patients confirmés positifs à Ebola ainsi que sept cas suspects.
À la suite de l’attaque, ces patients se sont dispersés dans la communauté, faisant craindre une propagation accrue du virus. Le médecin s’est également inquiété du fait que la dépouille du cas suspect ait été manipulée par des habitants, augmentant le risque de transmission. Le Dr Pemakanakue a en outre déploré l’absence de dispositif sécuritaire autour du centre de traitement, malgré les alertes répétées adressées aux autorités compétentes.
Depuis la déclaration de la 17ᵉ épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, le 15 mai 2026, les tensions entre les équipes de riposte et certaines communautés locales se multiplient dans plusieurs zones de l’Ituri. À Mongbwalu, considéré comme l’épicentre de l’épidémie, un centre de traitement avait déjà été attaqué, entraînant la fuite de patients confirmés et suspects. Un incident similaire s’était également produit à Rwampara, près de Bunia.
Plusieurs observateurs attribuent ces mouvements de contestation à une communication jugée insuffisante autour des activités de riposte et à une méfiance persistante de certaines communautés envers les équipes sanitaires, alors que l’épidémie continue de représenter une menace majeure pour la santé publique dans la province.
Prince Syaghenda
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