La situation épidémiologique dans la zone de santé de Nizi suscite une vive inquiétude. Située dans le territoire de Djugu et couvrant une population estimée à près de 280.000 habitants, répartis dans 12 aires de santé, trois chefferies et deux secteurs, cette entité fait face à une flambée d’Ebola dans un contexte marqué par d’importantes insuffisances logistiques, humaines et financières.
Selon le Dr Jean-Claude, médecin chef de la zone de santé de Nizi, jusqu’au mardi, 23 juin 2026, 247 cas positifs d’Ebola ont déjà été enregistrés, dont 39 décès, parmi lesquels figurent cinq militaires.
Aucun patient n’a, à ce jour, été déclaré guéri dans cette zone. Plus alarmant encore, la mortalité intracommunautaire reste très élevée, avec entre 10 et 16 décès signalés quotidiennement, une situation qui témoigne de la circulation active du virus au sein des communautés, alors que la zone de santé ne dispose d’aucun centre de traitement d’Ebola « CTE », moins encore d’un centre de transit.

Face à cette crise, les capacités de réponse demeurent largement insuffisantes. La zone de santé ne dispose ni de centre de traitement Ebola, ni de laboratoire de diagnostic, moins encore d’une ambulance en vue de référer les malades. Les patients testés positifs doivent être transférés à Bunia pour leur prise en charge, un processus qui retarde les interventions et augmente les risques de transmission. Les équipes sanitaires éprouvent également d’énormes difficultés dans l’organisation des enterrements dignes et sécurisés, faute d’effectifs suffisants, renseigne notre source d’information.
Pour renforcer la riposte, les responsables sanitaires plaident pour l’installation urgente d’un centre de traitement Ebola à Nizi, d’un laboratoire local ainsi que de centres de transit à Lopa, à Linji et à Iga-Barrière, des centres de négoce ayant une forte concentration de la population et d’intenses activités économiques, sociales et autres.
La situation est davantage compliquée dans les sites de déplacés, où l’accès reste difficile après plusieurs années de faible présence des services sanitaires et d’assistance en vivres et non vivres. Selon les autorités médicales, aucune mesure barrière efficace n’y est encore appliquée, exposant des milliers de personnes à un risque élevé de contamination.
À ces défis s’ajoute la question des ressources humaines. Les agents impliqués dans la riposte réclament des formations spécialisées et dénoncent l’absence de prise en charge financière depuis le début de l’épidémie, soit depuis le mois de mai 2026. Sur l’ensemble du personnel mobilisé, seules dix personnes de la coordination auraient déjà perçu leur rémunération, selon les responsables locaux, laissant ainsi les prestataires de premier rang dans le désaccord et l’ incertitude.
Autre facteur préoccupant : l’intensité des mouvements de population dans cette partie de l’Ituri. Plus de 2.500 personnes transitent quotidiennement à travers certains points de contrôle, notamment à la barrière de la DGRPI entre Bunia et Mongbwalu. Ces déplacements massifs favorisent le suivi difficile des contacts et augmentent les risques de propagation du virus vers d’autres localités.

En mission dans la région le 23 juin 2026, une délégation de six députés nationaux a pris connaissance de ces difficultés. Les élus ont promis de transmettre les doléances aux autorités compétentes afin d’obtenir une réponse adaptée à l’urgence de la situation.
Sur le terrain cependant, l’inquiétude demeure.
« Des malades meurent encore dans la communauté et la zone de santé ne dispose pas des moyens nécessaires pour intervenir efficacement. Il y a véritablement péril en la demeure », a alerté le Dr Jean-Claude, Médecin chef de cette zone de santé.
Alors que Nizi apparaît aujourd’hui comme l’un des foyers les plus préoccupants de l’épidémie en Ituri, les acteurs sanitaires appellent à une mobilisation rapide et renforcée afin d’éviter une aggravation de la crise et de briser la chaîne de transmission du virus.
Rédaction
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