Alors que l’Examen national de fin d’études primaires (ENAFEP), édition 2026, s’est globalement déroulé dans le calme sur l’ensemble du territoire de Mambasa, plusieurs centaines d’élèves n’ont pas pu prendre part aux épreuves à cause de l’insécurité persistante.
Selon Michel Nesapango Ipunio, chef de la sous-division éducationnelle Mambasa 2, 422 candidats ont été enregistrés absents durant les deux jours de passation des examens.
Cette situation est principalement attribuée aux déplacements massifs des populations provoqués par les attaques répétées des rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) dans plusieurs villages de la chefferie de Babila-Babombi et des entités voisines.
« Nous avons enregistré 422 absents. La plupart de ces enfants proviennent des zones affectées par l’insécurité où plusieurs familles ont été contraintes d’abandonner leurs villages », a indiqué Michel Nesapango Ipunio.
Malgré ces absences, les centres de passation ont fonctionné normalement dans les zones accessibles. Les autorités éducatives saluent les efforts des enseignants, des inspecteurs et des parents qui ont permis la tenue des épreuves dans un contexte particulièrement difficile.
Le territoire de Mambasa reste l’un des plus affectés par les violences armées en Ituri. Depuis plusieurs mois, les attaques attribuées aux ADF ont provoqué des centaines de morts, des enlèvements et d’importants déplacements de populations. Dans certaines localités, plusieurs écoles ont vu leurs effectifs chuter considérablement à la suite des mouvements de fuite des habitants.
Le contraste est frappant entre les centres ayant accueilli les candidats et les zones où les enfants déplacés n’ont pas pu rejoindre les salles d’examen. Pour plusieurs acteurs de la société civile, ces absences traduisent l’impact direct du conflit sur l’éducation.
« Ces enfants sont les victimes silencieuses de l’insécurité. Derrière chaque absence, il y a une famille déplacée, un village abandonné ou un élève qui a perdu toute possibilité de poursuivre normalement sa scolarité », estime un acteur éducatif local.
À l’échelle de l’Ituri, les épreuves de l’ENAFEP ont pourtant démarré normalement le jeudi 4 juin conformément au calendrier du ministère de l’Éducation nationale et de la Nouvelle Citoyenneté.
Selon Balingiyete Likakatel, inspecteur principal provincial intérimaire, plus de 54 000 candidats étaient attendus dans 191 centres de passation répartis à travers la province, dont un centre installé à Kampala, en Ouganda.
Si la menace Ebola a également marqué cette session 2026, c’est surtout l’insécurité qui continue de priver de nombreux enfants de leur droit à l’éducation dans certaines zones de l’Ituri.
Face à cette situation, les autorités éducatives et les organisations de protection de l’enfance plaident pour des mesures exceptionnelles en faveur des candidats affectés par les conflits armés afin qu’ils ne soient pas doublement victimes de la violence qui secoue l’est de la République démocratique du Congo.
Rédaction
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