Ebola : le vaccin n’est pas l’ennemi, c’est un bouclier

À Kisangani, dans la province de la Tshopo, la vaccination contre Ebola a commencé la semaine dernière. Pourtant, comme dans toute situation où la peur et l’incertitude s’installent, certaines résistances commencent déjà à faire surface. Des rumeurs circulent, des fausses informations se propagent et, malheureusement, elles risquent de fragiliser les efforts engagés pour contenir cette épidémie.

Face à cette situation, une question mérite d’être posée : pourquoi diaboliser un outil qui peut contribuer à sauver des vies ?

La souche Bundibugyo du virus Ebola a déjà causé de nombreuses victimes. Aujourd’hui, la lutte contre cette maladie ne peut pas reposer uniquement sur l’isolement des cas, le suivi des contacts, l’hygiène ou la sensibilisation. La vaccination vient renforcer cet arsenal de prévention.

À la Tshopo, plus de 500 personnes auraient déjà reçu le vaccin Ervebo dans le cadre du démarrage de la campagne. Il est toutefois important de rappeler que la vaccination, comme tout produit médical, peut entraîner des réactions ou effets indésirables généralement surveillés par les équipes de santé. Cela ne doit pas être confondu avec les rumeurs alarmistes qui présentent le vaccin comme un danger sans fondement.

Population de l’Ituri, préparons-nous !

Alors que la vaccination se poursuit ailleurs, notre province doit également se préparer à accueillir cette intervention avec responsabilité et discernement. Lorsque la campagne sera déployée dans les zones concernées, la population devra écouter les explications des professionnels de santé, poser ses questions et se fier aux informations provenant des sources sanitaires fiables.

Accepter la vaccination ne signifie pas abandonner les autres mesures de prévention. Il faut continuer à respecter les consignes sanitaires, signaler rapidement les cas suspects et collaborer avec les équipes de riposte.

Ebola ne se combat pas avec les rumeurs. Ebola ne se combat pas avec la peur. Ebola se combat avec la science, la vigilance, la solidarité et la responsabilité collective.

Nous avons déjà payé un lourd tribut à cette épidémie. Nous ne devons pas permettre que la désinformation coûte davantage de vies.

Le moment est donc venu de changer de comportement : s’informer avant de croire, questionner avant de rejeter et protéger avant de regretter.

Si le vaccin constitue un outil supplémentaire pour casser la chaîne de transmission d’Ebola, alors donnons-nous toutes les chances de l’utiliser correctement.

La lutte contre Ebola est l’affaire de tous. Pour l’éradiquer, aucun moyen efficace ne doit être rejeté sur la base des rumeurs.

Par Abdoul Lazo

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