Chronique Santé : Face à la propagation du virus d’Ebola en Ituri, l’école doit aussi devenir un front de prévention

Conformément au calendrier scolaire 2026-2027, les écoles ont rouvert leurs portes ce mardi, 01er septembre 2026 sur toute l’étendue de la RDC. Mais dans les zones touchées par l’épidémie d’Ebola, notamment en province de l’Ituri, cette rentrée reste timide. La peur du virus pousse encore certains parents à hésiter à envoyer leurs enfants à l’école.

Cette inquiétude mérite d’être entendue. Car, rassurer les parents ne suffit pas : il faut leur montrer que leurs enfants sont effectivement protégés.

Lors d’une ronde effectuée ce mardi dans certaines écoles de la ville de Bunia, chef-lieu de l’Ituri, plusieurs responsables scolaires ont déploré leurs faibles moyens et l’insuffisance d’accompagnement, notamment en matériels de protection et de prévention contre Ebola.

C’est donc le moment d’interpeller les responsables de la riposte et les autorités sanitaires : les écoles doivent être considérées comme des partenaires à part entière de la riposte. Toutes les écoles, publiques comme privées, doivent bénéficier des kits et dispositifs nécessaires à la prévention.

La surcharge des salles de classe constitue également un défi. Dans les écoles maternelles et primaires notamment, il serait important de limiter les effectifs par classe, lorsque cela est possible, ou de créer des salles supplémentaires afin de réduire la promiscuité, mais également surveiller systématiquement les élèves pendant les récréations.

La prévention passe aussi par l’éducation. Les cours d’hygiène et de civisme doivent davantage intégrer les mesures barrières et les bons comportements face à Ebola. Un élève bien sensibilisé peut devenir, à son tour, un relais auprès de sa famille et de sa communauté.

Aux parents qui hésitent encore, le message est simple : ne laissons pas la peur priver nos enfants de leur droit à l’éducation. Envoyons-les à l’école, mais exigeons aussi des responsables scolaires qu’ils renforcent leur protection.

Les avancées scientifiques, notamment les vaccins et certains médicaments encore en évaluation clinique, constituent par ailleurs une source d’espoir. Elles doivent renforcer la confiance, sans pour autant nous faire baisser la garde.

Cette rentrée nous rappelle finalement une évidence : nous n’avons pas à choisir entre l’éducation et la santé.

Nos enfants doivent aller à l’école. Mais ils doivent y aller dans des conditions qui protègent leur santé et leur avenir.

En période d’Ebola, une école sûre n’est pas un privilège. C’est une responsabilité collective.

Chronique de Jérémie Abdoul Lazo

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