La riposte contre la 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo enregistre des avancées encourageantes. Si les autorités sanitaires observent une stabilisation, voire une légère diminution des nouvelles notifications de cas, elles mettent toutefois en garde contre des défis persistants, notamment la résistance communautaire et l’insécurité, qui ralentissent les efforts de contrôle de l’épidémie.
Ces précisions ont été apportées par le Dr Adélard Lofongola, responsable des opérations de la riposte à Ebola (MVE-17), lors d’une conférence de presse avec les professionnels des médias à Bunia ce mercredi, 22 juillet 2026. Il a rappelé que les opérations constituent le pilier central de la réponse sur le terrain, coordonnant la surveillance épidémiologique, la prise en charge des malades, la communication des risques, l’engagement communautaire, la prévention et le contrôle des infections, les laboratoires, ainsi que la continuité des services essentiels de santé.
Déclarée depuis le 15 mai 2026, la 17ᵉ épidémie d’Ebola a d’abord touché trois zones de santé de la province de l’Ituri avant de s’étendre progressivement à plusieurs provinces du pays. À ce jour, cinq provinces sont concernées : l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, la Tshopo et le Haut-Uele.
Selon les dernières statistiques présentées, 2 423 cas confirmés ont été enregistrés, dont 967 décès, soit un taux de létalité avoisinant 40 %. Parallèlement, le nombre de patients guéris poursuit sa progression, avec près de 500 personnes rétablies, tandis que le suivi des contacts atteint désormais 81,1 %, signe d’un renforcement progressif du dispositif de surveillance.
L’Ituri demeure toutefois l’épicentre de cette épidémie, concentrant plus de 80 % de la morbidité et de la mortalité enregistrées au niveau national. Parmi les zones de santé les plus affectées figurent Bunia, Rwampara, Mongbwalu, Nizi, Nyankunde et Lita. Au Nord-Kivu, les principaux foyers restent Katwa, Butembo, Beni et Musienene. Quant au Haut-Uele et à la Tshopo, les cas recensés sont essentiellement importés depuis l’Ituri, sans transmission locale confirmée jusqu’à présent.
Sur le plan épidémiologique, les experts constatent que la courbe des nouvelles contaminations semble atteindre un plateau avec une légère tendance à la baisse. Néanmoins, les autorités sanitaires restent prudentes, estimant qu’il est encore prématuré d’affirmer que le pic de l’épidémie a été franchi. Les analyses se poursuivent afin de confirmer cette évolution.
L’analyse des données révèle également que les femmes sont davantage touchées que les hommes parmi les cas confirmés, même si le nombre de décès demeure relativement comparable entre les deux sexes.
Malgré ces progrès, la riposte continue de faire face à d’importants obstacles. Le Dr Lofongola cite en premier lieu la résistance communautaire, qui compromet l’adhésion des populations aux interventions sanitaires. À cela s’ajoutent l’insécurité dans plusieurs zones affectées, ainsi que les difficultés liées au paiement du personnel engagé dans la riposte, même si ce dernier dossier connaît une amélioration progressive.
Pour les responsables de la riposte, la maîtrise définitive de cette épidémie dépendra autant de l’efficacité des interventions médicales que de la confiance des communautés envers les équipes sanitaires. Les autorités appellent ainsi la population à renforcer sa collaboration afin de briser les chaînes de transmission et d’accélérer le retour à une situation sanitaire normale.
Rédaction
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