Kasumbalesa face au fléau des liqueurs frelatées : une crise sociale en ligne de mire

À Kasumbalesa, ville frontalière stratégique entre la République démocratique du Congo et la Zambie dans le Haut-Katanga, les autorités locales tirent la sonnette d’alarme face à la montée d’un phénomène inquiétant : la consommation de boissons alcoolisées frelatées, largement répandues sur le marché noir. Ces produits, souvent introduits clandestinement via la frontière, sont devenus un vecteur majeur de troubles sociaux dans la région.

Mardi 20 mai, plus de 700 cartons de ces liqueurs toxiques ont été saisis puis incinérés en public, sous l’œil vigilant des services de contrôle et de l’environnement. Une action spectaculaire destinée à marquer les esprits.

« Ces boissons sont à l’origine de plusieurs actes de délinquance. Leur prolifération alimente une criminalité organisée que nous combattons avec fermeté », a déclaré l’inspecteur Willy Malindo, du parquet militaire de Kasumbalesa.

Au-delà des questions sanitaires, les conséquences sociales sont au cœur des préoccupations. Jeunes en errance, violences urbaines, perte de repères : les effets de ces alcools bon marché se font sentir dans la vie quotidienne.

« Nous assistons à une montée de comportements déviants, souvent liés à la consommation de ces liqueurs frelatées. C’est une menace sociale que nous devons éradiquer », alerte un responsable sécuritaire ayant requis l’anonymat.

Les trafiquants profitent de la porosité de la frontière avec la Zambie pour faire passer ces produits à forte teneur en alcool, souvent conditionnés dans des emballages trompeurs. Selon les autorités, un réseau bien organisé serait à l’origine de cette contrebande.

« Il est temps que ces trafics cessent. Nous allons renforcer la surveillance aux points d’entrée et collaborer davantage avec nos partenaires zambiens », a affirmé Théo Kalumba, proche de l’administration douanière.

Face à cette situation, la mairie de Kasumbalesa entend jouer un rôle de premier plan dans la lutte contre le fléau. Le maire, Maître André Kapampa Kamwanya, salue l’engagement des agents sur le terrain :

« Je félicite les agents qui ont participé à cette action. La protection de nos concitoyens et la sécurisation de la ville restent notre priorité. » Il appelle aussi la population à devenir actrice de cette lutte, en signalant toute activité suspecte.

Cédric Kalombo

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