La tension monte autour de la question foncière à Bunia, Chef-lieu de la province de l’Ituri. Dans une déclaration rendue publique ce lundi , 27 avril 2026, la coordination nationale de la jeunesse Bira (CNJB) dénonce ce qu’elle qualifie de « spoliation répétée » des terres coutumières de sa communauté, pointant cette fois du doigt l’église catholique de Bunia.
Selon ce document, plus de 160 hectares situés sur les collines de Katanyuba/Grand séminaire et Kabazo feraient actuellement l’objet d’un lotissement attribué à l’institution catholique. Une situation qui suscite « indignation et consternation » au sein de la jeunesse Bira, qui se présente comme « gardienne des terres ancestrales de ses aïeux ».
« Aujourd’hui encore, notre communauté est confrontée à une nouvelle menace. Ce qui a été donné à l’église catholique à l’époque par nos aïeux ne correspond plus à la réalité actuelle. Il y a un élargissement manifeste et non justifié», alerte la CNJB, affirmant que ces terres « appartiennent historiquement aux autochtones Bira, notamment aux clans Nane appelés Ndibanané ».
La structure de jeunesse avance également des accusations de pratiques discriminatoires dans la commercialisation des parcelles.
«Ces parcelles sont vendues à hauteur de 500 dollars américains chacune, voir plus (…) exclusivement au profit des fidèles catholiques munis d’un livret de baptême », dénonce-t-elle, qualifiant cette démarche de « discrimination flagrante » et de « violation des droits fonciers coutumiers ».
Au-delà du cas de Katanyuba et Kabazo, la CNJB rappelle que plusieurs conflits fonciers restent non résolus dans la province de l’Ituri, notamment dans les entités de Bankongolo et Lengabo.
«À ces dossiers non résolus vient désormais s’ajouter celui de la colline Katanyuba, renforçant le sentiment d’abandon et d’injustice », souligne la déclaration.
Face à cette situation, la jeunesse Bira interpelle directement les autorités provinciales et nationales, mais aussi les instances judiciaires.
« Jusqu’à quand la jeunesse Bira continuera-t-elle à subir ces injustices sans protection ? », s’interroge-t-elle.
Des intimidations et attestations sont signalées ça et là et l’immixtion de l’auditorat militaire dans un dossier de conflit foncier, au détriment des droits coutumiers.
« C’est la cinquième fois que de telles pressions s’exercent sur les jeunes de notre communauté », affirment-ils, estimant que le recours de l’auditorat militaire dans un conflit foncier constitue une dérive préoccupante.
Dans ses revendications, la CNJB exige notamment : la suspension immédiate de tout processus de vente de parcelles sur les sites concernés, la reconnaissance officielle des droits coutumiers des autochtones Bira ainsi que la résolution urgente et équitable de tous les conflits fonciers en cours.
Néanmoins, malgré la fermeté de son ton, la structure insiste sur son attachement à la paix.
« Nous restons attachés à la cohabitation pacifique et au respect mutuel entre communautés », affirme-t-elle, tout en avertissant qu’elle « refuse catégoriquement toute tentative de dépossession des terres ancestrales ».
À ce stade, aucune réaction officielle de l’Église catholique de Bunia n’a été rendue publique. Cette affaire, aux implications à la fois foncières, sociales et communautaires, pourrait raviver les tensions dans une province déjà fragilisée par des conflits récurrents, craint-on.
Rédaction
![]()
- Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Facebook
- Cliquer pour partager sur X(ouvre dans une nouvelle fenêtre) X
- Cliquer pour envoyer un lien par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre) E-mail
- Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre) LinkedIn
- Cliquer pour partager sur X(ouvre dans une nouvelle fenêtre) X
- Cliquez pour partager sur Pinterest(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Pinterest
- Cliquez pour partager sur Telegram(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Telegram
- Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre) WhatsApp














