Les autorités provinciales, les services de sécurité, les acteurs humanitaires ainsi que plusieurs partenaires techniques et financiers ont pris part à un atelier de restitution des résultats d’une étude consacrée à la traite des êtres humains et au trafic illicite de migrants dans les zones frontalières entre la République démocratique du Congo et l’Ouganda.
Organisée dans le cadre du projet Borderlands, financé par l’Union européenne et mis en œuvre par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), cette rencontre a permis de mettre en lumière l’ampleur grandissante d’un phénomène qui touche particulièrement les populations vulnérables de la province de l’Ituri.
La cérémonie a été présidée par le Directeur de cabinet adjoint du Gouverneur militaire de l’Ituri en charge de l’économie et des finances, Dieudonné OMASOMBO, représentant l’autorité provinciale.
Dans son allocution, il a réaffirmé l’engagement du gouvernement provincial à soutenir toutes les initiatives visant à combattre la traite des personnes et les réseaux criminels opérant dans les espaces frontaliers.

« Le gouvernement provincial de l’Ituri demeure engagé à accompagner toutes les initiatives qui contribuent à la lutte contre la traite des êtres humains et le trafic illicite dans notre province. La protection des populations, surtout des femmes et des enfants, reste une priorité », a déclaré Dieudonné OMASOMBO.
Menée entre décembre 2025 et 2026 sous financement de l’Union européenne, cette étude a été présentée par le Docteur Ely THELOT, expert international en matière de lutte contre la traite des personnes et consultant au sein de l’OIM.
Dans son exposé, l’expert a dressé un constat alarmant de la situation dans les zones frontalières de l’Ituri, où les jeunes femmes et les enfants demeurent les principales victimes des réseaux de traite.

« Les formes d’exploitation identifiées sont multiples : mariages forcés, exploitation sexuelle, esclavage sexuel, trafic d’organes humains, recrutement dans les groupes armés, travail forcé et exploitation dans la mine et agriculture », a expliqué le Docteur Ely THELOT.
L’étude révèle également plusieurs facteurs favorisant cette criminalité transfrontalière, notamment la pauvreté accrue des familles, les conflits armés persistants, l’ignorance des victimes et parfois même celle des auteurs, ainsi que les faiblesses institutionnelles observées dans le contrôle des mouvements migratoires.
Parmi les statistiques les plus préoccupantes figurent l’existence de plus de 450 pistes d’entrée non contrôlées en Ituri, régulièrement utilisées par des trafiquants pour contourner les dispositifs officiels de surveillance entre la RDC et l’Ouganda.

« Ces pistes clandestines échappent largement au contrôle des services de l’État. Elles facilitent non seulement le trafic des personnes, mais aussi plusieurs autres activités criminelles transfrontalières », a souligné l’expert de l’OIM.
Le rapport fait également état de plus de 250 cas de disparition d’enfants enregistrés en une année en Ituri, plusieurs étant soupçonnés d’être liés aux réseaux de trafic transfrontalier.
À cela s’ajoutent plus de 25.000 cas de violences sexuelles basées sur le genre documentés dans la province, dont près de 50 % concernent des mineures, avec de nombreux cas liés à l’exploitation sexuelle.
Face à cette situation, les participants ont, dans leurs recommandations insisté sur la nécessité urgente de renforcer les capacités des services étatiques œuvrant aux frontières à travers des formations spécialisées, des équipements adéquats ainsi qu’une meilleure coopération entre les deux pays voisins.
Le projet Borderlands vise précisément à renforcer la coopération transfrontalière, la stabilisation ainsi que la résilience des communautés vivant dans les zones frontalières de l’Ituri.
À travers cet atelier, les organisateurs espèrent susciter une mobilisation accrue des autorités, des partenaires ainsi que des communautés locales afin de freiner ce phénomène qui continue de menacer la sécurité et la dignité humaine dans l’Est de la RDC.
Rédaction
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