Face à la montée à flèche de la maladie à virus Ebola dans plusieurs zones de santé de la province de l’Ituri, le Cadre de Concertation sur les Ressources Naturelles (CdC/RN) plaide pour une réponse sanitaire davantage ancrée dans les réalités locales.
Dans un communiqué de presse publié ce 15 juin 2026 à Bunia, l’organisation appelle les autorités sanitaires et les partenaires à privilégier une approche communautaire basée sur la transparence, l’écoute et la participation active des populations.
Alors que la province fait face à une nouvelle alerte épidémique, le CdC/RN estime que la méfiance persistante de certaines communautés constitue l’un des principaux obstacles à l’efficacité de la riposte.
Une crise aggravée par la peur et la désinformation
Dans son communiqué, le Cadre de Concertation exprime d’abord sa compassion envers les familles touchées par la maladie et rend hommage aux équipes engagées dans la lutte contre Ebola.
Cependant, il s’inquiète des signaux de défiance observés dans plusieurs zones minières et enclavées.
Selon le document, des symptômes auraient été attribués à tort à la consommation de tramadol ou à l’usage de produits chimiques utilisés dans l’orpaillage artisanal, retardant ainsi la détection des cas.
Le CdC/RN déplore également qu’une circulation silencieuse du virus ait été favorisée par le manque d’information adéquate et les difficultés d’accès aux soins.
« La peur et la méconnaissance du vécu des populations alimentent une défiance persistante, nourrie par un déficit de dialogue », souligne le communiqué.
Impliquer les communautés au cœur de la riposte
Pour l’organisation, la lutte contre Ebola ne peut réussir sans l’implication directe des populations concernées. Elle recommande une mobilisation structurée des chefs coutumiers, autorités religieuses, associations de femmes et de jeunes ainsi que des leaders d’opinion.
Le CdC/RN insiste sur l’importance de transformer les communautés en véritables partenaires de la réponse sanitaire.
« Leur participation directe à l’identification des contacts, aux enterrements dignes et sécurisés et à l’évaluation des actions est une approche fondée sur l’éducation populaire », affirme Dieudonné Kasonia, Secrétaire Permanent du CdC-RN.
Des mesures adaptées aux réalités locales
Conscient des spécificités des zones minières, des sites de pêche et des milieux ruraux, le Cadre de Concertation propose une stratégie articulée autour de plusieurs axes.

Parmi les recommandations figurent : la formation des mineurs, pêcheurs et enseignants volontaires comme relais de sensibilisation ;
l’installation de dispositifs de lavage des mains et de points de contrôle épidémiologique sur les sites d’orpaillage, aux débarcadères et à proximité des écoles ;
la diffusion de messages de prévention en langues locales et à travers des supports adaptés aux enfants ;
la mise en place d’espaces d’écoute et d’accompagnement psychosocial pour les personnes affectées ;
l’organisation de cadres permanents de dialogue entre exploitants miniers, pêcheurs, parents, autorités sanitaires et société civile.
Trois actions urgentes pour restaurer la confiance
Le CdC/RN appelle également les structures officielles de riposte à prendre des mesures immédiates afin de renforcer l’adhésion des communautés.
Il recommande notamment :
- Faire entendre la voix des survivants :
L’organisation propose l’organisation hebdomadaire de séances de témoignages dans les centres d’isolement, diffusées par les radios locales, afin de démontrer que la guérison est possible et de combattre les rumeurs.
- Déployer le dépistage de proximité :
Le communiqué préconise l’installation de postes de dépistage gratuits dans les marchés, les gares, les lieux de culte, les sites miniers et les débarcadères afin de détecter précocement les cas suspects et d’orienter rapidement les malades vers les soins appropriés.
- Humaniser les centres de traitement :
Le CdC/RN suggère la création d’espaces distincts au sein des centres de traitement afin de séparer les cas sévères, les patients en voie de guérison et les personnes présentant des symptômes débutants, dans le but de rassurer davantage les populations.
« Seule une réponse profondément humaine permettra de vaincre Ebola », indique ce communiqué.
Au-delà des mesures techniques, le Cadre de Concertation rappelle que la confiance demeure le pilier essentiel de toute riposte efficace.
« Seule une réponse profondément humaine, transparente et enracinée dans la communauté permettra de vaincre cette épidémie », conclut le communiqué.
À travers cet appel, le CdC/RN invite les autorités sanitaires, les partenaires humanitaires et les leaders communautaires à privilégier une approche participative, convaincu que l’adhésion des populations constitue la clé pour stopper la propagation du virus Ebola en Ituri.
Rédaction Bunia-info24.
![]()
- Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Facebook
- Cliquer pour partager sur X(ouvre dans une nouvelle fenêtre) X
- Cliquer pour envoyer un lien par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre) E-mail
- Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre) LinkedIn
- Cliquer pour partager sur X(ouvre dans une nouvelle fenêtre) X
- Cliquez pour partager sur Pinterest(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Pinterest
- Cliquez pour partager sur Telegram(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Telegram
- Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre) WhatsApp














