Beni : inquiétudes autour du retrait de centaines d’agents de santé des listings de paie

Le retrait de nombreux agents de santé des fichiers de paie continue de susciter de vives préoccupations dans la province du Nord‑Kivu. Selon Bitisho Bin Malira Guillaume, point focal du Syndicat national des licenciés, maîtrises et docteurs en sciences de santé, près de 490 agents ont été écartés au niveau national, dont environ 270 dans le Nord‑Kivu, alors qu’une grande partie d’entre eux reste active dans les structures sanitaires.

Le syndicaliste rappelle ce jeudi 5 mars que ce problème n’est pas nouveau. Certains agents, pourtant détenteurs de numéros matricules des séries 5 et 6 délivrés par le ministère de la Fonction publique, avaient continué à percevoir leur rémunération jusqu’en décembre 2025 avant d’être supprimés des listings en 2026. À Beni, une quarantaine d’agents seraient concernés, tandis que la zone de santé d’Oicha est également touchée. Plusieurs d’entre eux avaient déjà été écartés lors des contrôles biométriques, sous prétexte que leurs matricules n’étaient pas valables.

Pour faire face à cette situation, le syndicat a lancé une collecte d’informations dans différentes zones de santé. Les agents concernés sont invités à remplir des fiches avec leurs identités et coordonnées afin de préparer un recours. Bitisho Bin Malira Guillaume annonce que le syndicat envisage même d’écrire au président de la République pour dénoncer cette situation.

Il insiste sur le rôle essentiel de ces professionnels dans un contexte sécuritaire difficile. Ils assurent la prise en charge des malades dans les structures sanitaires, des victimes de violences armées, ainsi que des veuves de militaires et d’autres personnes affectées par les conflits. Tout en reconnaissant l’existence possible d’agents fictifs dans certains listings, il estime que la solution doit passer par des vérifications sur le terrain, comme cela avait été fait en 2020 lors de la révision du fichier de la prime de risque.

Le syndicaliste met en garde contre les conséquences sociales graves que pourraient entraîner ces suppressions dans une région déjà marquée par l’insécurité liée aux attaques des ADF et du M23. Il évoque la pauvreté et la précarité extrême qui frappent les agents privés de leur rémunération.

Le syndicat appelle le gouvernement à examiner rapidement ces dossiers pour distinguer les agents réellement actifs de ceux qui ne le sont pas. Il invite également les autorités provinciales, notamment le gouverneur Évariste Somo Kakule, à accompagner les professionnels de santé dans la recherche de solutions. Parallèlement, une réunion de l’intersyndicale est annoncée, ainsi que l’envoi de correspondances aux ministères de la Santé, des Finances et du Budget. En attendant, les agents concernés sont exhortés à garder leur calme et à continuer à servir la population.

Justin Mupanya, correspondant à Beni

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