Douze mois se sont écoulés depuis que la ville de Goma, capitale du Nord-Kivu, est tombée aux mains des rebelles de l’AFC/M23. Cette occupation prolongée a bouleversé la vie quotidienne des habitants et paralysé l’économie locale, notamment avec la fermeture de l’aéroport international, principal point de connexion de la région avec le reste du pays.
Depuis janvier 2025, l’aéroport de Goma est fermé, obligeant les voyageurs à passer par les pays voisins pour rejoindre Kinshasa. Une situation qui entraîne des coûts supplémentaires et prive l’État, ainsi que des centaines de travailleurs, des revenus générés par les activités aéroportuaires. Pour Muhindo Muhesi Reagan, enseignant à l’Université Catholique du Graben de Butembo, ce blocage illustre l’absence de consensus entre le gouvernement congolais et la rébellion soutenue par le Rwanda. « Les conditions imposées par le M23 et ses alliés ont empêché toute réouverture. C’est la preuve qu’aucun accord n’a été trouvé », explique-t-il.
La société civile de Goma dénonce une dégradation profonde des conditions de vie. « Après une année, c’est la désolation. Les petites entreprises ne fonctionnent plus, le chômage s’aggrave et la population vit dans l’incertitude », regrette Marion Ngavo Kambale, président de la coordination urbaine.
Sur le plan politique, l’opposant Martin Fayulu alerte sur la menace qui pèse sur la souveraineté nationale. Il estime que la sécurité de Goma et de ses environs est désormais soumise à des intérêts étrangers. « La souveraineté de notre pays ne se négocie pas », a-t-il martelé.
Le mouvement citoyen LUCHA dénonce pour sa part les violations des droits humains dans les zones occupées : assassinats de civils, paralysie des activités économiques, fermeture des institutions bancaires. Il critique l’inaction des autorités et exige le retrait immédiat des forces étrangères ainsi que l’application de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations-Unies.
Face à cette crise, le gouvernement congolais, par la voix de son porte-parole Patrick Muyaya, réaffirme sa détermination à rétablir l’autorité de l’État et à ramener une paix durable dans l’Est du pays.
Un an après la chute de Goma, la ville apparaît comme un symbole de la fragilité sécuritaire dans l’Est de la RDC. Les appels au dialogue national se multiplient, portés par les acteurs politiques et les mouvements citoyens, qui y voient la seule voie pour restaurer l’intégrité territoriale et offrir une perspective de paix aux habitants.
Justin Mupanya
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