Lors du Global Gateway Forum organisé par l’Union européenne, le président congolais Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a surpris la scène diplomatique en annonçant la suspension officielle du processus de demande de sanctions contre le gouvernement rwandais. Ce geste, présenté comme une ouverture vers la paix, s’inscrit dans une volonté affichée de relancer le dialogue entre Kinshasa et Kigali, dans un contexte de tensions persistantes à l’Est de la République démocratique du Congo.
Devant un parterre de dirigeants africains et européens, Tshisekedi a lancé un appel solennel à son homologue rwandais Paul Kagame.
« Je vous tends la main pour faire la paix des braves. Donnez l’ordre aux troupes du M23 de cesser cette escalade qui a déjà fait trop de morts ».
Il a également déclaré suspendre temporairement son plaidoyer pour des sanctions internationales contre le Rwanda, en attendant une réponse concrète de Kigali.
Selon des sources proches de la présidence congolaise, cette décision traduit une volonté de privilégier la concertation bilatérale et de rebâtir la confiance entre les deux pays. Tshisekedi a insisté sur la nécessité de tourner la page des conflits fratricides :
« L’Afrique ne peut pas se développer dans la division et les guerres ».
La réponse rwandaise ne s’est pas fait attendre. Le ministre des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a qualifié l’initiative de Tshisekedi de « comédie politique ridicule ». Il accuse le président congolais d’avoir détourné un forum économique pour en faire une tribune d’accusation, et de violer les accords de paix signés à Washington en juin dernier.
Dans une déclaration incisive, Nduhungirehe a affirmé :
« Le seul à pouvoir arrêter cette escalade est le président Tshisekedi, et lui seul. Il doit cesser ses menaces publiques, désarmer les milices Wazalendo, et expulser les FDLR de son armée ».
Il reproche également à Kinshasa d’avoir recours à des mercenaires étrangers et de bombarder des zones civiles dans l’Est du pays, notamment les villages banyamulenge.
Depuis sa résurgence en 2021, le groupe rebelle M23, que Kinshasa accuse d’être soutenu par Kigali, a conquis plusieurs territoires dans le Nord-Kivu. Malgré les accords de paix signés à Washington et Doha, les affrontements entre les FARDC et les rebelles se poursuivent, causant des milliers de morts et de déplacés.
La suspension des sanctions par Tshisekedi pourrait ouvrir une nouvelle phase diplomatique, mais les accusations mutuelles et les violations des accords rendent toute avancée incertaine.
Justin Paluku
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