Réunis en collectif, des agents de santé de première ligne engagés dans la riposte contre l’épidémie de la maladie à virus Ebola sont montés au créneau, ce lundi 03 août à Mongbwalu, dans la province de l’Ituri, dénonçant le non-paiement de leurs primes ainsi que des conditions de travail jugées injustes.
À travers un mémorandum adressé au Chef de l’État, dont la déclaration publique a été lue par le Dr Alex Bogole, les grévistes ont rappelé l’abnégation et le patriotisme dont ils font preuve quotidiennement face à une maladie hautement mortelle, et ce, malgré la méfiance parfois manifestée par les communautés locales.
dans leur déclaration , les grévistes dénoncent une situation d’injustice grave caractérisée par :
- Un retard de trois mois dans le paiement des primes allouées à la riposte ;
- Une opacité dans les barèmes de rémunération et une discrimination ressentie vis-à-vis des partenaires financiers ;
- L’absence d’un calendrier clair pour la régularisation des arriérés.
Ils ont toutefois rendu un hommage poignant à dix de leurs collègues ayant perdu la vie en première ligne de la riposte, parmi lesquels le Dr Serge Bamanga, Adabayi Muzungu, Toyabo Samuel, Jean-Baptiste Bura, Bienfait Jaryeko, Jérôme Undé, Agenonga Gilbert, Bakambu, Tito et Jonathan Imbalambai.
Face à cette impopulaire précarité, le collectif exige la paye immédiate des arriérés, l’uniformisation des primes et la réintégration de tous les personnels écartés. Sans satisfaction de ces demandes, les manifestants exigent le départ sans condition des partenaires techniques locaux et des responsables de la zone de santé.
Interpellée sur la situation et la mise en cause des partenaires sur le terrain, l’organisation internationale Médecins Sans Frontières (MSF) a tenu à clarifier son rôle et sa position quant aux revendications des manifestants.
« Ces grèves ne sont pas liées à la gestion des ressources humaines ou aux pratiques d’emploi de MSF. Les préoccupations exprimées par les agents de santé concernent les paiements du personnel mobilisé dans la riposte à l’épidémie, qui relèvent de la responsabilité des autorités compétentes », précise l’organisation.
Tout en confirmant des manifestations dans plusieurs Centres de Traitement Ebola (CTE), notamment celui de Mungwalu, MSF réaffirme honorer l’ensemble de ses obligations envers son propre personnel engagé.
Alors que l’épidémie nécessite une remobilisation constante des équipes sur le terrain, le déblocage rapide de cette situation financière par les autorités nationales reste décisif pour éviter une paralysie complète des opérations de secours en Ituri.
Rédaction
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