Une ville ne se juge pas uniquement à l’animation de ses rues, à l’intensité de ses activités commerciales ou à l’importance de ses infrastructures. Elle se reconnaît également à la propreté de ses espaces publics et à la considération que ses habitants accordent à leur environnement.

À Bunia, la question de la salubrité publique demeure un défi préoccupant. Aux abords du marché central, particulièrement dans le secteur de la Pharmacie Pacifique, l’état de l’environnement soulève des interrogations et appelle une réaction à la hauteur des enjeux sanitaires et environnementaux.
L’accumulation des déchets et l’insuffisance de l’entretien des espaces publics ne devraient jamais être considérées comme une situation ordinaire. Derrière chaque déchet abandonné, chaque espace insalubre et chaque négligence se profile un risque pour la santé publique, mais aussi une image peu reluisante de notre ville.
Jusqu’à quand faudra-t-il banaliser l’insalubrité dans un espace aussi fréquenté que le marché central ?
La responsabilité est partagée. Les autorités urbaines doivent renforcer les mécanismes de contrôle et les opérations régulières d’assainissement. Les responsables du marché sont appelés à jouer pleinement leur rôle dans l’organisation et le maintien de la propreté. Quant aux commerçants et aux usagers, ils doivent comprendre que les espaces publics ne sont pas des dépotoirs à ciel ouvert.
Il ne suffit donc pas de dénoncer l’insalubrité lorsqu’elle devient visible. Il faut une volonté collective, des mesures concrètes et, surtout, une discipline citoyenne durable.
La propreté d’une ville n’est ni un luxe ni une faveur accordée à ses habitants. Elle constitue une exigence de santé publique, un indicateur de civisme et une responsabilité qui engage chacun.
Cette préoccupation est d’autant plus actuelle qu’un article publié le 31 octobre 2026 par Naturel CD fait état d’une insalubrité persistante au marché central de Bunia. Des commerçants y dénoncent l’accumulation des immondices et s’interrogent sur la gestion d’une contribution hebdomadaire de 1 000 francs congolais destinée à l’assainissement. Selon les déclarations rapportées par ce média, Prince Udotha, coordonnateur provincial de l’ECiDé, réclame davantage de transparence sur l’utilisation des fonds collectés. La mairie et le service municipal d’hygiène n’avaient pas encore réagi officiellement au moment de la publication de cet article.
Bunia ne mérite pas de s’habituer à la saleté. Elle mérite une ville propre, saine et digne de ses habitants.
Le temps des constats doit désormais céder la place à celui des actions. Car préserver notre environnement, c’est aussi protéger notre santé et défendre notre cadre de vie.
Pourtant, des initiatives sont annoncées. Le 14 octobre dernier, la RTNC rapportait qu’une nouvelle stratégie avait été présentée par l’administrateur du marché central, Wylli Bahathi, en collaboration avec GSC/Bunia Safi. Elle prévoyait notamment la collecte régulière des déchets, le curage des caniveaux et la sensibilisation des commerçants. Mais au-delà des stratégies et des annonces, la population attend des résultats visibles, réguliers et durables.
La salubrité n’est pas seulement l’affaire des autorités : elle commence par le comportement de chaque citoyen.
Enock Wamara, journaliste.
![]()
- Partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Facebook
- Partager sur X(ouvre dans une nouvelle fenêtre) X
- Envoyer un lien par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre) E-mail
- Partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre) LinkedIn
- Partager sur X(ouvre dans une nouvelle fenêtre) X
- Partager sur Pinterest(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Pinterest
- Partager sur Telegram(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Telegram
- Partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre) WhatsApp




















