Assemblée Générale Ordinaire de la Croix-Rouge à Aru : Un tournant historique pour un nouveau départ .

C’est un moment historique qu’a vécu ce jour le territoire d’Aru avec la tenue de la toute première Assemblée Générale Ordinaire de la Croix-Rouge de la République Démocratique du Congo (RDC), section d’Aru, depuis son implantation en 1982. Un événement placé sous le signe du renouveau, de la transparence et d’un engagement renouvelé envers les idéaux humanitaires.

Une première en plus de 40 ans d’existence

Dans son mot de bienvenue, le président territorial de la Croix-Rouge, le docteur Pema Gédéon , a exprimé sa gratitude envers Dieu pour cette occasion solennelle, ainsi qu’envers les nombreuses personnalités présentes : autorités administratives, médecins-chefs, volontaires, cadres et invités. Il a salué l’engagement de chacun, tout en soulignant l’importance de cette assemblée qui marque un premier exercice statutaire reconnu, porteur d’une nouvelle dynamique.

« Cette assemblée doit être un cadre d’expression libre et constructive », a-t-il lancé, invitant les participants à exposer sans réserve les défis, les difficultés mais aussi les atouts de leur structure afin d’améliorer sa mission humanitaire. Le docteur Pema a également remercié les participants ayant parcouru de longues distances pour être présents, saluant particulièrement le président provincial, Dr. Serge Lemi Tabay , et le médecin chef de zone (MCZ) d’Aru, partenaires clés du ministère de la Santé.

Une réflexion stratégique pour la modernisation de l’organisation

Prenant la parole à son tour, le président provincial, Dr. Serge Lemi Tabay, a donné une orientation forte à l’événement. Dans un discours à la fois critique et mobilisateur, il a qualifié la rencontre de « moment de vérité », une rare opportunité de dialogue franc pour redéfinir les contours de la Croix-Rouge à Aru, en Ituri, et à travers le pays.

« Il faut donner à notre Croix-Rouge une nouvelle robe, un nouveau visage, » a-t-il déclaré. Pour lui, il est impératif de dépasser l’image traditionnelle de l’organisation associée uniquement à la gestion des dépouilles humaines. Il appelle à une redéfinition des priorités et à un repositionnement stratégique de la Croix-Rouge comme acteur central de la réponse humanitaire moderne.

Interpellant directement les membres, Dr. Lemi a posé une question de fond : « Qu’est-ce qui bloque la transformation de notre organisation ? » Est-ce la qualité du leadership, le manque d’engagement volontaire ou l’environnement lui-même ? Pour répondre à ces enjeux, il a évoqué plusieurs indicateurs visibles de changement, notamment la construction de structures d’accueil pour les comités locaux, condition sine qua non d’une professionnalisation réelle et d’un dialogue crédible avec les partenaires.

Un plaidoyer fort des autorités locales

L’administrateur du territoire d’Aru, le commissaire supérieur principal Richard Mbambi Kingana Kitabakulu , a clôturé la série des interventions par un témoignage personnel fort et empreint d’émotion. Évoquant son passé d’officier de gendarmerie et les horreurs vécues à Kisangani lors des guerres successives, il a salué le rôle vital de la Croix-Rouge dans la gestion des conflits, notamment dans le traitement des victimes et le ramassage des corps.

« Ceux qui ont vu la guerre savent ce que signifie le travail de la Croix-Rouge, » a-t-il martelé. Il a dénoncé l’ignorance persistante de certains citoyens vis-à-vis de l’importance de cette organisation, appelant à un changement de mentalité et à une reconnaissance pleine de son utilité publique.

En guise d’engagement, l’administrateur a promis un soutien officiel et constant aux actions de la Croix-Rouge, appelant les volontaires à continuer leur mission « avec joie et dévotion », à l’exemple de leur fondateur, Henri Dunant, qui a tout donné sans rien attendre en retour.

Une nouvelle page à écrire

Cette assemblée générale, au-delà de son caractère statutaire, est perçue comme un acte fondateur pour une Croix-Rouge d’Aru renforcée, modernisée et mieux intégrée dans les dispositifs de réponse humanitaire et sanitaire. Tous les regards sont désormais tournés vers l’avenir, avec l’espoir que cette impulsion donnée depuis Aru fasse école dans d’autres territoires du pays.

Chrysostome LEBAKWA

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