La République démocratique du Congo commémore ce 16 janvier la disparition de Laurent-Désiré Kabila, ancien président de la République, assassiné en 2001 dans son bureau au Palais de Marbre à Kinshasa. Vingt-cinq ans après sa mort, son parcours politique continue de marquer profondément l’histoire contemporaine du pays.

Des origines modestes à l’engagement révolutionnaire
Né le 27 novembre 1939 à Ankoro, dans la province du Katanga, Laurent-Désiré Kabila grandit dans un contexte colonial marqué par les inégalités et la domination étrangère. Très tôt, il s’engage dans les mouvements nationalistes qui militent pour l’indépendance du Congo, obtenue en 1960.
Dans les années 1960, il rejoint la rébellion muleliste inspirée par les idéaux de Patrice Lumumba. Il se distingue comme un combattant révolutionnaire déterminé, opposé à la dictature du maréchal Mobutu Sese Seko, qu’il considère comme un symbole de la soumission du pays aux intérêts étrangers.
Des années de maquis à la conquête du pouvoir
Pendant plus de trois décennies, Laurent-Désiré Kabila mène une lutte politique et militaire depuis l’est du pays. En 1996, il devient le leader de l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo (AFDL), coalition politico-militaire soutenue par plusieurs pays de la région.
En mai 1997, après une progression militaire rapide, ses troupes entrent à Kinshasa. Mobutu est contraint à l’exil, mettant fin à plus de trente-deux ans de règne. Laurent-Désiré Kabila proclame alors la fin du Zaïre et restaure le nom de République démocratique du Congo, devenant ainsi le troisième président du pays après l’indépendance.

Un pouvoir marqué par les tensions
À la tête de l’État, Laurent-Désiré Kabila entreprend plusieurs réformes visant à restaurer l’autorité de l’État, la souveraineté nationale et la dignité du peuple congolais. Il rompt progressivement avec ses anciens alliés étrangers, ce qui entraîne la deuxième guerre du Congo en 1998, impliquant plusieurs pays africains.
Son régime est caractérisé par un pouvoir fortement centralisé, une gouvernance autoritaire et une situation sécuritaire toujours instable. Malgré cela, il demeure pour une partie de la population une figure de résistance contre l’ingérence étrangère.
Un assassinat qui bouleverse la nation
Le 16 janvier 2001, Laurent-Désiré Kabila est assassiné par l’un de ses gardes du corps dans son bureau à Kinshasa. Sa mort provoque une onde de choc nationale et internationale. Son fils, Joseph Kabila, est désigné quelques jours plus tard pour lui succéder à la tête de l’État.
L’assassinat de Laurent-Désiré Kabila reste, jusqu’à ce jour, entouré de zones d’ombre et continue d’alimenter débats et spéculations au sein de l’opinion publique congolaise.

Un héritage toujours présent
Pour ses partisans, Laurent-Désiré Kabila demeure le symbole du renversement de la dictature de Mobutu et de la reconquête de la souveraineté nationale. Pour ses détracteurs, son règne aura été marqué par des restrictions démocratiques et des défis sécuritaires non résolus.
Vingt-cinq ans après sa disparition, son nom reste intimement lié aux grandes mutations politiques de la RDC moderne.
Une mémoire nationale
Chaque 16 janvier, la RDC rend hommage à cet homme qui aura profondément marqué l’histoire du pays. Laurent-Désiré Kabila demeure ainsi une figure incontournable de la mémoire politique congolaise, entre révolution, pouvoir et tragédie.
Justin Mupanya
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