L’épidémie à virus d’Ebola franchit le cap de 100 jours en République démocratique du Congo depuis la sa déclaration, Médecins Sans Frontières (MSF) tire la sonnette d’alarme et alerte sur une crise sanitaire sans précédent et hors de contrôle avec un décès toutes les 30 minutes.
Lors d’un café de presse organisé ce vendredi à Bunia, l’organisation humanitaire a alerté sur une situation épidémiologique qui, selon elle, progresse plus rapidement que les capacités actuelles de la riposte.

Le bilan communiqué (arrêté au 18 août courant) fait état de plus de 5 200 cas confirmés et de plus de 2 400 décès dans les 56 zones de santé touchées reparties dans 6 provinces infectées actuellement avec près de 50% de mortalité.
MSF estime que l’ampleur de la crise exige un renforcement urgent des moyens de dépistage, de prise en charge et de prévention afin de freiner la transmission rapide du virus.
Plus de 60 % des décès surviennent hors les centres de traitement, un risque communautaire encore préoccupant
Au-delà du nombre de victimes, MSF met en avant un indicateur particulièrement préoccupant : plus de 60 % des décès surviendraient en dehors des centres de traitement (CTE). Une situation qui complique considérablement la surveillance de l’épidémie et augmente le risque de nouvelles chaînes de contamination au sein des communautés.
« La situation nécessite une mobilisation beaucoup plus importante des capacités médicales », alerte l’organisation, qui appelle à une accélération de la réponse sur le terrain.
L’épidémie s’étend désormais à cinq provinces, à savoir l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, la Tshopo et le Haut-Uélé, faisant peser une pression croissante sur les dispositifs de prise en charge.
Des capacités médicales sous forte pression
MSF indique disposer actuellement d’environ 400 lits, mobilisés avec près de 1 400 membres du personnel, soit environ un tiers de la capacité globale engagée dans la réponse. Malgré cette importante mobilisation, l’organisation estime que les moyens disponibles ne permettent plus de répondre à l’ampleur des besoins.
Face à cette progression de l’épidémie, MSF appelle l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), les agences de Nations unies ainsi que les autorités congolaises à renforcer rapidement les capacités médicales et logistiques, notamment en matière de dépistage, d’isolement et de traitement des patients.
Pour l’organisation humanitaire, l’enjeu est désormais d’agir à une échelle suffisante pour reprendre le contrôle de la transmission et éviter que davantage de décès ne surviennent au sein des communautés.
Rédaction
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