À Oicha, chef-lieu du territoire de Beni, la lutte contre la lèpre est mise à rude épreuve par une rupture prolongée de médicaments. Depuis avril de l’année écoulée, plusieurs centres de santé de la région ne disposent plus des traitements nécessaires pour soigner cette maladie guérissable, obligeant les nouveaux malades à se rendre à l’étranger pour recevoir des soins. L’hôpital de Kagando, en Ouganda, est devenu le seul centre capable d’accueillir les patients de la zone, ce qui génère des difficultés importantes pour des populations déjà vulnérables.

Cette révélation a été faite ce jeudi 29 janvier par Kambale Kyusa Nelly, infirmier superviseur chargé de la lèpre et de la tuberculose, qui tire la sonnette d’alarme sur l’ampleur du problème. « Tous les nouveaux cas sont orientés à Kagando. Nous n’avons plus de médicaments ici. C’est vraiment un casse-tête. Tant que nous ne pourrons pas répondre à ce besoin, des malades et même des guéris continueront à souffrir », a-t-il déclaré.
Au-delà des difficultés médicales, les lépreux guéris continuent de faire face à la stigmatisation sociale. Rejetés par leurs familles ou marginalisés par la communauté, certains restent isolés malgré leur guérison, ce qui complique leur réinsertion et aggrave leur souffrance psychologique.
La Journée mondiale de la lèpre, célébrée chaque 29 janvier, a été l’occasion de rappeler que la maladie est guérissable, à condition que les traitements soient disponibles et correctement suivis. Les agents de santé insistent sur la nécessité de sensibiliser les familles et la communauté afin de combattre les préjugés et permettre aux anciens malades de retrouver leur dignité et leur place dans la société.
Les responsables sanitaires lancent un appel urgent aux autorités et aux partenaires humanitaires pour l’acheminement rapide des médicaments et le renforcement des capacités locales. Sans cette intervention, le traitement des nouveaux cas restera limité et les risques de transmission et de complications continueront d’augmenter.
Pour les lépreux de la région, la guérison médicale ne suffit pas : il leur faut désormais un soutien logistique et social pour retrouver une vie normale, loin de l’isolement et du rejet.
Justin Mupanya, correspondant à Beni
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