Ituri : Max Nissan réclame des contrôles renforcés dans les sites miniers après des arrestations signalées à Kolwezi

Au lendemain des arrestations de ressortissants chinois rapportées à Kolwezi, dans la province du Lualaba, Max Nissan Amande appelle les autorités congolaises à mener des opérations similaires dans les sites miniers de l’Ituri. Le point focal de la Grande Orientale et chargé de mission du Chef de l’État pour la médiation et la résolution des conflits dénonce notamment la présence présumée de militaires et de faux policiers dans certains carrés miniers, ainsi que les risques de financement des groupes armés à travers l’exploitation des ressources naturelles.

Dans sa déclaration, Max Nissan Amade affirme qu’environ 300 ressortissants chinois auraient été arrêtés à Kolwezi, parmi lesquels figureraient des militaires. S’appuyant sur ces informations, il plaide pour un renforcement des contrôles dans les zones d’exploitation minière de l’Ituri, afin d’identifier les personnes impliquées dans l’affectation présumée de militaires à la protection d’exploitants miniers étrangers.

« À Kolwezi, on a arrêté 300 Chinois, parmi lesquels il y aurait des militaires. Il faut que le gouvernement mette la main sur les responsables qui affectent les militaires dans les sites miniers pour garder les Chinois, au lieu de leur faire accomplir leur mission, qui est de protéger l’intégrité territoriale », a-t-il déclaré.

Il déplore également la présence présumée de personnes se faisant passer pour des policiers dans certains sites miniers. Pour lui, les autorités devraient étendre les opérations de contrôle à l’Ituri et examiner le rôle des coopératives minières soupçonnées de contribuer au financement des groupes armés.

Max Nissan est également revenu sur la décision du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, relative au retrait des militaires des carrés miniers. Il estime que les ressources naturelles de la RDC doivent constituer un levier de paix, de développement et de mobilisation des recettes publiques, plutôt qu’un facteur d’insécurité et de criminalité.

« Au lieu que nos mines nous apportent la paix, elles nous amènent l’insécurité et les crimes. Le chef de l’État a déjà donné l’ordre aux militaires de quitter les carrés miniers, et cette décision a été adoptée lors du 94ᵉ Conseil des ministres », a-t-il martelé.

Dans cette perspective, il appelle les autorités compétentes à veiller à l’application effective de cette mesure, en assurant un suivi rigoureux de la situation dans les zones d’exploitation minière.

L’Ituri face aux risques de financement des groupes armés

Pour Max Nissan Amade, la persistance de l’insécurité en Ituri serait notamment liée, selon son analyse, à la présence de certains militaires et de groupes armés dans les carrés miniers. Il estime que ces pratiques contribueraient à soustraire une partie des revenus issus de l’exploitation minière au contrôle de l’État, au détriment du Trésor public.

Il invite ainsi la population à signaler aux services compétents toute présence irrégulière de militaires dans les zones d’exploitation minière. Il met également en garde contre l’implication des forces armées dans le règlement des différends relevant du secteur minier.

« Les militaires ne doivent pas commencer à être impliqués dans des dossiers miniers. S’il y a un problème dans le secteur minier, le service des Mines peut le résoudre. Si ce service ne parvient pas à trouver une solution, la justice est là. Il ne faut pas aller vers les militaires pour régler un dossier minier », a-t-il insisté.

Cette prise de position remet au centre du débat la question de la gouvernance des ressources naturelles en Ituri, où l’exploitation minière soulève des préoccupations liées à la sécurité, à la transparence des revenus et au respect des compétences des services publics.

À travers son appel, Max Nissan demande au gouvernement congolais de renforcer les contrôles, de faire respecter les décisions relatives au retrait des militaires des carrés miniers et d’examiner les éventuels liens entre certaines activités minières et le financement des groupes armés.

Toutefois, les arrestations évoquées à Kolwezi, la présence présumée de militaires ou de faux policiers dans les sites miniers de l’Ituri, ainsi que les accusations concernant le financement des groupes armés nécessitent des vérifications auprès des autorités compétentes.

Rédaction

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